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Histoire de la bataille de Verdun

Située en Lorraine, au cœur du département de la Meuse, Verdun occupe une place particulière dans la mémoire collective internationale. Capitale mondiale de la Grande Guerre, Verdun est pour toujours synonyme de la plus grande bataille du 20ème siècle. Sites de combats, hauts-lieux du souvenir, sites de mémoire combattante, villages détruits, musées et sites muséographiques, … autant de témoignages laissés dans la mémoire, l’identité locale mais également dans le paysage.

Bataille de Verdun - 21 février 1916 – 19 décembre 1916

Bataille de Verdun, Le champ de batailleLe 21 février 1916, l’armée allemande déclenche sa grande offensive sur Verdun. Cette date marque le début d’un cauchemar pour tous les soldats français. « L’enfer de Verdun » va durer 10 mois, 300 jours et 300 nuits de combats incessants et meurtriers.

 

Pourquoi la grande offensive sur Verdun ?

En 1916, l’Allemagne s'inquiète de l'accroissement des forces alliées en hommes et en matériel. Redoutant une vaste offensive, elle doit garder l'initiative des opérations sur le terrain en impressionnant l'opinion mondiale qui commence à douter de sa victoire. De la même manière, il faut retremper le moral de la population allemande, soumise au rationnement, et ressouder les partis politiques autour de l'armée. Une grande victoire est donc indispensable pour redorer le prestige de la dynastie impériale et profiter d'un gros effet moral pour imposer des pourparlers de paix à la France.


Pourquoi Verdun ?

Bataille de Verdun, le champ de batailleSous la vue des observatoires allemands de Montfaucon, de Romagne et des Jumelles d'Ornes, le front forme à Verdun un saillant sur lequel les attaques peuvent converger.

Les Français devront alors combattre avec une rivière à dos, la Meuse, et connaître de graves difficultés de ravitaillement puisque la seule grande voie ferrée qui dessert Verdun est sous le feu des canons allemands.

L’Allemagne n'ignore pas le mauvais état de nos défenses : tranchées effondrées, routes impraticables l'hiver, forts désarmés. Donc, à l'abri du relief et de la forêt meusienne, il concentre un parc d'artillerie de gros calibre doté de 2,5 millions d'obus pour 11 km de front : du jamais vu.


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Chronologie de la Bataille de Verdun

  • Du 21 février au 1er mars : L'ATTAQUE BRUSQUEE

    La supériorité écrasante de l'artillerie allemande pulvérise les défenses et les hommes et permet de conquérir terrain et villages entre le bois des Caures et Douaumont dont le fort, presque abandonné, tombe sans coup férir. L'avance allemande est conséquente mais pas décisive.
    25 février, le général Pétain prend le commandement de l'armée de Verdun pour organiser la défense.

     
  • Du 2 mars au 15 avril : L'ATTAQUE GENERALE

    Elle a lieu sur les deux rives de la Meuse mais principalement sur la rive gauche. Les combats sont particulièrement acharnés au bois des Corbeaux et sur les pentes du Mort-Homme.
    Sur la rive droite, la lutte a pour enjeu principalement le village de Vaux et le bois de la Caillette. Les gains allemands restent limités, c'est pourquoi l'échec d'une attaque de grande envergure. Le général Pétain peut déclarer à ses troupes : « Courage... on les aura ! »

     
  • Du 15 avril au 12 juillet : LA GUERRE D'USURE

    Le général Pétain a rempli sa mission de sauver Verdun, il est remplacé par le général Nivelle. L'ennemi continue son avance pas à pas avec des actions locales extrêmement meurtrières de par et d'autre (côte 304, Mort-Homme, Cumières).
    Sur la rive droite, la tentative du général Mangin de reprendre le fort de Douaumont est un échec sanglant (22 mai), alors que le fort de Vaux se rend aux allemands le 7 juin après un siège héroïque d'une semaine. Le 23 juin, 60 000 Allemands sont jetés à l'assaut sur un front de plus en plus étroit pour s'emparer des ruines de Thiaumont et de Fleury pris et repris plusieurs fois. A Froideterre, dernier obstacle avant Verdun, les défenseurs de l'ouvrage se dégagent à la baïonnette et à la grenade. Les 11 et 12 juillet, un ultime effort des troupes allemandes les pousse jusqu 'à ce qui sera leur avance extrême : le ravin de la Poudrière et les glacis du fort de Souville.

     
  • Du 12 juillet au 15 décembre : LA STABILISATION ET LE DEGAGEMENT

    Les combats se succèdent terriblement violents sur les deux rives jusqu 'en août. Dès lors, l'effort allemand est de plus en plus détourné de Verdun par la vaste attaque franco-britannique sur la Somme.
    A Verdun, l'offensive du général Mangin, le 24 octobre, permet la reprise de Thiaumont et de Douaumont (village et fort) et la capture de 6000 prisonniers. Le fort de Vaux est réoccupé le 2 novembre. L'offensive du 15 décembre complète le dégagement de Verdun en libérant Louvemont et Bezonvaux. 11 000 soldats allemands se rendent. L'ennemi est désormais repoussé à 5 km de son avance extrême de juillet.


Bataille de Verdun, le champ de batailleLe bilan humain de la bataille de Verdun est effroyable : 377 000 Français, 337 000 Allemands tués, blessés ou disparus. Et ce n'est qu 'en septembre et octobre 1918 que la totalité du territoire perdu depuis le 21 février 1916 sera reconquise grâce à l'engagement massif des troupes américaines.

 


(Extrait des Carnets de route édités par l'Association Nationale du Souvenir de la Bataille de Verdun).


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